Editorial : la recherche de l’équilibre
<< Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous. >>
Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, 1942

Mise en place d’un poste de commandement tactique lors de l’opération Crazy Buffalo en Afghanistan en mars 2008 (Crédit photo : Jean-Yves Desbourdes, ministère de la défense, ECPAD, Afghanistan, 26 mars 2008)
La recherche de l’équilibre
Par Murielle Delaporte
(md@sldmag.com)
Restructurations, contraintes budgétaires et multilatéralisme sont autant de facteurs incitant à une mutualisation et une optimisation des moyens au niveau national, mais aussi international : si chacun s’accorde sur la nécessaire rationalisation de moyens mis en commun dans le cadre d’une même vision, les avis divergent quant aux limites d’un tel processus et l’équilibre à maintenir pour conserver certaines compétences et responsabilités inhérentes aux forces armées de chaque nation.
Ce second numéro de << Soutien Logistique Défense >> met en avant deux innovations ouvrant la voie à de nouveaux types de partage des tâches au niveau interarmées, au niveau des relations entre secteurs public et privé, mais aussi au niveau international :
- au niveau national, la réorganisation du maintien en condition opérationnelle des parcs de l’Aéronavale, effective au 1er janvier 2011, va se traduire par un nouvel “adossement Marine — Service industriel de l’aéronautique” ;
- au niveau international, la création au 1er septembre 2010 du Commandement Européen du Transport Aérien est le fruit d’années de travail et d’expérimentations.
La première section “Soutien” est de fait consacrée à cette recherche de l’équilibre en ce qui concerne plus précisément la problématique de l’externalisation, au vu des différents modèles de fonctionnement existant déjà dans le secteur aéronautique, tandis qu’avantages, inconvénients et solutions sont par ailleurs abordés sous un angle interarmées : ‹‹ Ni externalisation totale, ni régie totale, ce partage doit encore être affiné ››, conclut ainsi le Général Pinaud.
En seconde partie, les questions de logistique opérationnelle sont illustrées par un dossier spécial sur les retours d’Afghanistan, à la fois humains grâce au témoignage de deux officiers — un Français et un Américain —, mais aussi retours d’expérience au niveau des équipements et de leur soutien sur le terrain : là encore un exemple français et un exemple américain de deux aéronefs — le Tigre et l’Osprey —, tous deux déployés pour la première fois en Afghanistan depuis seulement quelques mois, sont développés.
Enfin, dans la perspective du Salon Eurosatory, la dernière section est consacrée aux spécificités relatives au soutien des matériels terrestres et au défi d’assurer le ‹‹ maintien d’une capacité de soutien logistique capable de répondre aux contrats opérationnels d’“une” guerre et aux exigences de “la” guerre ››, pour reprendre l’expression du Général Hocquard. Une solution novatrice concrète susceptible d’optimiser les ressources est ensuite décrite, démontrant les bénéfices déjà constatés de la formation des maintenanciers par le biais de la simulation.
